mardi 15 avril 2014

Mon album "DJ Classical Music" en streaming + 4 titres gratuits

Mon album "DJ Classical Music" est désormais disponible en streaming (sur Deezer, Spotify, Rhapsody) et, de plus, 4 titres sont disponibles gratuitement, à l'écoute et en téléchargement. Suivez ce lien pour en savoir plus.
Bonne écoute !

Philippe Herlin

lundi 14 avril 2014

SCOOP : le nombre d’adhérents de l’UMP divisé par trois !

Il circule sur le Net une petite news du Parisien nous expliquant que Jean-François Copé se félicite de l’augmentation du nombre d’adhérents de l’UMP, "avec 2.600 nouveaux adhérents en une semaine", et certains médias la reprennent sous cette forme sans se poser de questions. Incidemment, mais sans en tirer toutes les conséquences, cette dépêche de RTL.fr fait un rappel bien utile qui permet de remettre les choses en perspective : l’UMP comptait 251.000 adhérents fin 2013 contre seulement 88.000 aujourd’hui, soit une division par trois ! Ce résultat catastrophique est en ligne avec un taux de réadhésion de 30% annoncé par Le Point en juin 2013. Pour sa part, Paris Match signalait, en juillet 2013, les "drôles de calcul de Copé" qui continuait de comptabiliser les adhérents n’ayant pas renouvelé leur carte… En réalité, cette annonce bidon, ce storytelling à deux balles, cette autocongratulation de M. Copé sert à remettre discrètement les compteurs à zéro, ou presque, et à fixer le chiffre de 88.000 comme nombre d’adhérents, en espérant qu’il monte à l’avenir. L’UMP a désormais à peine plus d’adhérents que le Front National, une splendide performance à porter au crédit de son président.

Autrement, j’ai répondu à cette interview d’Atlantico : Non, les prix de l’art n’annoncent pas les crises

Philippe Herlin

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mercredi 2 avril 2014

Gouvernement Valls : la prime à l’incompétence

Manuel Valls a déjà raté sa première grande décision en constituant un gouvernement certes resserré mais avec seulement deux entrées (Royal et Rebsamen) et un jeu de chaises musicales pour les rescapés. On prend les mêmes et on recommence. Mais surtout, ce nouveau gouvernement est une véritable prime à l’incompétence :
- Ségolène Royal soutient avec les fonds publics la voiture électrique d’Heuliez, qui fera finalement faillite, elle est nommée au ministère de l’écologie, du développement durable et de l’énergie !
- Dijon est l’une des villes les plus endettées de France, son maire François Rebsamen est nommé ministre du travail !
- Arnaud Montebourg annonce qu’il veut entraver la concurrence et défendre les ententes, il le met en pratique en intervenant directement dans la fusion SFR-Numéricable, il est nommé ministre de l’économie !
- Michel Sapin échoue à inverser la courbe du chômage au ministère du travail, il est chargé de réduire le déficit au ministère du budget !
- Sylvia Pinel veut s’attaquer au statut des autoentrepreneurs, devant la fronde le gouvernement recule, elle est nommée ministre du logement et de l’égalité des territoires !
- Najat Vallaud-Belkacem fait la promotion de la théorie du genre, ce qu’elle ne reconnaît plus officiellement aujourd’hui, elle récupère la jeunesse en plus des droits des femmes !
- Marisol Touraine patauge dans la réduction du déficit de la sécu, elle est confirmée au ministère de la santé !
- Christiane Taubira a durablement éloigné des franges de l’électorat traditionnels de la gauche avec son mariage pour tous, sa politique laxiste est rejetée par tous, elle est confirmée à la justice !
- Et bien sûr, Manuel Valls échoue à endiguer l'augmentation de la délinquance, il est nommé Premier ministre !

Avec si peu de renouvellement et une telle obstination dans l’échec, on peut au moins être certain que Manuel Valls ne bénéficiera quasiment pas d’état de grâce et qu’une seconde raclée électorale se profile pour les socialistes lors des élections européennes du 25 mai. Il ne faudra pas se priver de la leur asséner.

Philippe Herlin

lundi 31 mars 2014

Municipales : vague bleue ou effet balancier ?

La défaite de la gauche est historique, elle perd 151 villes de plus de 10.000 habitants, c’est pire qu’en 1983 ! Mais posons la question : cette élection municipale n’est-elle finalement que le miroir inversé de la présidentielle, le rejet de Sarkozy amène Hollande au pouvoir, deux ans plus tard le rejet de ce dernier provoque une déferlante UMP sur le pays ? Cet effet balancier est habituel, on se pose souvent la question d’un vote d’adhésion pour le FN, il faudrait aussi se la poser au sujet du PS et de l’UMP ! Cette élection est d’abord locale bien sûr, mais l’UMP n’a rien proposé au niveau national, pas de programme, pas de mot d’ordre, ne serait-ce qu’un engagement à baisser les impôts locaux (Marine Le Pen, elle, s’y est engagée !).

Sur les sujets locaux, cette élection livre un enseignement qu’il ne faudra pas oublier : lorsque l’UMP part à la conquête d’une ville avec des candidats de la "fausse droite", c’est l’échec assuré, même dans un contexte d’effondrement de la gauche, on l’a vu à Metz (où Marie-Jo Zimmermann s’en va voilée dans une mosquée pour draguer les voix des musulmans, on peut la voir dans cette pitoyable vidéo), à Strasbourg (Fabienne Keller, sénatrice, a voté en faveur de la loi Taubira sur le mariage pour tous), et bien sûr à Paris avec Nathalie Kosciusko-Morizet (lire cet article du Delanopolis). Malheureusement, la plupart des dirigeants de l’UMP sont sur cette ligne… Et ils seront faussement rassurés par l’échec des deux listes d’union droite classique-FN (Villeneuve-Saint-Georges, L’Hôpital) ; c’est sûr, dès leur formation, l’UMP hurle au scandale, d’où des déperditions d’électeurs.

La direction de l’UMP n’a nullement remis en cause son étatisme concernant les questions économiques et demeure très timorée sur les questions de société. Autrement dit rien n’est gagné pour 2017. Pendant ce temps le Front National marque des points en emportant treize mairies (et n’oublions pas la Ligue du Sud avec Orange, Bollène et Camaret-sur-Aigues). D’ici là on regardera avec attention les résultats des élections européennes du 25 mai : assistera-t-on à l’émergence d’un tripartisme ? Nous serons bientôt fixés.


Autrement vous pouvez retrouver les nouveaux enregistrements du mois sur mon site Classical Music Mobile (les 4 symphonies de Schumann, le Divertimento de Bartok, l'Appassionata de Beethoven). Toujours à 1 euro seulement. Ecoutez les extraits !

Philippe Herlin

lundi 24 mars 2014

L’UMP doit lever l’interdiction des alliances locales avec le FN

Après le premier tour des élections municipales, tous les commentateurs ont convenu de la baisse du PS, du bon résultat du l’UMP et de la poussée du FN. Effectivement, mais il faut insister sur les deux derniers points : l’UMP (tout comme l’UDI) ne réalise pas de véritable percée, aucun "nouveau nom" n’apparaît au soir de cette élection et cette formation est incapable d’inquiéter la gauche, pourtant en recul, à Paris, Lyon ou Lille. La performance c’est le FN qui la réalise en multipliant ses scores par deux ou trois par rapport aux municipales précédentes et en réussissant des cartons dans de nombreuses villes (Hénin-Beaumont, Béziers, Fréjus, Forbach, Tarascon, Perpignan, Avignon, etc.). Lorsque le FN présente une personnalité connue (Florian Philippot, Louis Aliot, Gilbert Collard, Robert Ménard) ou bien implantée (Steeve Briois, David Rachline à Fréjus, Valérie Laupies à Tarascon), le candidat UMP est balayé de la même façon que celui du PS. Il faut se rendre à l’évidence : le Front National constitue l’élément le plus dynamique de la droite.

Dans ce cadre, l’interdiction par l’UMP de toute alliance locale avec le FN est stupide car elle coupe en deux de façon artificielle l’électorat de droite ; un électorat qui, lui, y est favorable selon tous les sondages récents, dont le dernier en date. Elle empêche de donner un grand coup de balai à la gauche municipale. Elle traduit un mépris pour les électeurs FN que ceux-ci font payer au deuxième tour lors d’un duel PS/UMP (par exemple Hollande-Sarkozy…). Elle est incompréhensible car au niveau local les différences de programme entre UMP et FN sont faibles, et en réalité convergent autour des thèmes de l’insécurité et de la baisse des impôts. Et cela n’empêcherait en rien de refuser tout accord au niveau national, tant il est vrai que les différences sur les programmes économiques demeurent irréconciliables, nous sommes bien d’accord.

Ce refus d’alliances locales est aussi dangereux car ce premier tour montre l’émergence d’un tripartisme PS-UMP-FN. Or, dans notre système majoritaire à deux tours, le tripartisme n’est pas viable à long terme, on reviendra rapidement à un bipartisme. Il suffirait de pas grand chose, par exemple que l’UMP présente à l’élection présidentielle de 2017 un candidat de la "fausse droite" comme Alain Juppé pour être pulvérisé par Marine Le Pen. C’en serait alors vite fini de l’UMP… Ce refus d’alliance équivaut à un suicide, il est temps d’y mettre fin.

PS : aidez-moi à défendre cette position au sein de l’UMP, cliquez sur ce lien, merci.

Philippe Herlin

samedi 22 mars 2014

Quand Jean-Marc Ayrault organisait sa "petite Stasi" à Nantes en 2007

La gauche est vent debout contre la référence à la Stasi que fait Nicolas Sarkozy dans sa lettre au Français. Elle est justifiée, j'y ai répondu dans mon billet précédent. Mais je voudrais aussi revenir sur une affaire oubliée, bien à tort.

Dans la perspective des élections municipales de 2008, Jean-Marc Ayrault, qui préparait sa réélection à la tête de la ville de Nantes, avait envoyé fin 2007 un courrier à 200 militants du PS pour leur demander tout à fait explicitement de ficher les "opposants notoires à la municipalité". On pourra lire cet article de l'époque du Télégramme et consulter les documents originaux dans cet article de Rue89.

Maintenant cet homme est Premier ministre et il dispose en conséquence de moyens incomparablement plus importants que ceux d'une mairie. A l'époque Jean-Marc Ayrault a réagi en expliquant que "la formule retenue est maladroite" (Libération). Waouh, quel vigoureux démenti ! Nous voici tout à fait rassurés sur son intégrité morale et sur l'avenir des libertés en France.

Philippe Herlin