mercredi 19 juin 2013

Comment la SNCF étouffe l’économie

Retour à Chinon le week end dernier. Je vous avais relaté dans ce billet ma mésaventure avec la SNCF (mon TER annulé sans que je sois prévenu alors que j’avais acheté mon billet sur Internet). N’ayant toujours aucune explication de la SNCF malgré mes relances, je vais voir l’agent d’accueil qui m’explique que les TER annulés au dernier moment cela arrive souvent, au moins une fois par semaine ! Le machiniste n’arrive pas, il n’est pas prévenu à l’avance et n’a aucun moyen de le remplacer ou d’appeler des taxis ou un bus de remplacement. Visiblement il s’en fiche pas mal d’ailleurs, à aucun moment il sera "désolé" de ces contretemps.

Chinon n’est pas une gare très fréquentée et à l’évidence un service de bus privés avec une éventuelle légère subvention ferait nettement mieux pour incomparablement moins cher, mais il ne faut pas toucher au lobby SNCF ! D’ailleurs pour faire croire à son utilité sur les lignes peu fréquentées, et trouver à employer un personnel pléthorique, la SNCF a fait en sorte d’interdire purement et simplement la concurrence des autocars : "La législation donnait en effet à la SNCF un droit de regard sur toutes les autorisations de lignes interrégionales. Ce que bien sûr elle refusait de faire, craignant l'émergence d'une nouvelle forme de concurrence" (L’Expansion). Cela est en train de changer grâce à l’Europe, très bien, mais il y a du retard à rattraper.

Car cette entrave à la libre concurrence remonte à loin, en 1934 ! Les premiers grands réseaux de bus furent créés par les constructeurs automobiles Citroën (en 1931) et Renault (en 1932). Mais peu de temps après l’Etat intervint… pour défendre le rail : "1934 fut l'année de la plus grande activité avec quelques 800 autocars fonctionnant sur quelque 300 lignes [pour Citroën]. Mais dans les années qui ont suivi, de nombreuses lignes ont été interrompues en raison de leur retrait forcé dans le cadre de la politique rail-route du gouvernement, avec une coordination progressivement imposé sur le bus et autocars à partir de 1934, et la nationalisation des chemins de fer au bord de la faillite pour former la SNCF en 1938. Les quelques années d'or de l'exploitation des bus et autocars étaient passées." (article sur les transports Citroën).

Ensuite ces réseaux se fragmentèrent et vécurent tant bien que mal à l’ombre de la SNCF. Dans les années 60 il existait deux compagnies privées concurrentes basées à Tours et offrant un vrai maillage du territoire, dont les Rapides de Touraine (voir son réseau). Mais finalement ils dépérirent. La généralisation de la voiture individuelle explique cela, mais aussi pour une grande part la SNCF qui pouvait interdire l’ouverture de nouvelles lignes, et donc tuer progressivement ces compagnies. Et aujourd’hui que constate-t-on ? La SNCF achète Keolis, un des leaders du transport de cars en France, de façon à profiter de l’ouverture du marché !

On voit avec cette petite histoire comment la SNCF agit en prédateur de l’économie privée, comment elle use de son pouvoir de monopole pour imposer à l’Etat des conditions qui l’avantagent, comment elle gaspille de l’argent public pour maintenir et accroître ses positions. La SNCF coûte une fortune en argent public, non seulement pour faire moins bien et plus cher que le privé, mais en plus pour empiéter sur le secteur privé. La SNCF est un cancer pour l’économie française et il faut en revenir à l’origine, 1938, c'est-à-dire démanteler cette "société nationale", la privatiser par morceaux, en ayant au passage ramené le statut du personnel dans le droit général, et laisser jouer la concurrence intégrale entre les différents moyens de transport. D’ici là, la SNCF continuera d’être un service coûteux et inefficace, et qui en plus étouffe l’économie française.

Philippe Herlin

lundi 3 juin 2013

Mon ebook disponible sur iTunes et Amazon

Mon ebook "La révolution du bitcoin et des monnaies complémentaires" (qui a changé de couverture) est désormais disponible sur iTunes et Amazon/Kindle, et d'ici peu sur la Fnac. Vous pouvez également l'acheter sur les sites des deux coéditeurs, Eyrolles et Atlantico. Au prix de 5 euros seulement. Plus d'infos (sommaire, médias) ici.



Philippe Herlin

vendredi 31 mai 2013

L’affaire Liberty Reserve ou comment l’Etat veut pouvoir contrôler toutes vos transactions financières

Mon nouveau texte pour Atlantico : L’affaire Liberty Reserve ou comment l’Etat veut pouvoir contrôler toutes vos transactions financières

Et justement, Atlantico coédite mon ebook "La révolution du bitcoin et des monnaies complémentaires", vous pouvez donc l'acheter sur son site, en plus d'Eyrolles, et en attendant d'autres plateformes.

Hashtable (3e blog politique de France selon eBuzzing) publie une chronique très élogieuse de mon livre : L’érosion des monnaies fiat et l’alternative Bitcoin. "Un livre que, décidément, je vous recommande", "qui se lit bien, le style de l'auteur étant clair et factuel".

Et autrement, comme tous les mois, les nouveaux MP3 de mon site Classical Music Mobile, toujours à 1 euro seulement.

Philippe Herlin

jeudi 30 mai 2013

Le Japon annonce la crise à venir

Mon nouveau texte pour GoldBroker : Le Japon annonce la crise à venir (et en anglais)

Autrement, mon interview dans Les Echos d'aujourd'hui à propos de la monnaie virtuelle Liberty Reserve (version web et papier). On lira aussi la recension de mon ebook par Pascal Ordonneau sur Les Echos/Le Cercle.

Philippe Herlin

mercredi 29 mai 2013

3.090 milliards d’euros, la dette virtuelle de la France

Intéressant calcul de la Cour des comptes qui a évalué les engagements hors bilan de la France, c'est-à-dire l’ensemble des sommes que l’Etat s’est engagé à payer dans le futur. On arrive à la somme astronomique de 3.090 milliards d’euros. On trouve en première position les retraites des fonctionnaires (1.679 milliards) bien sûr, les "garanties financières accordées par l'État aux agents économiques" (978 milliards), les engagements envers les différents fonds de sauvetage de la zone euro (187 milliards, de l’argent prêté à la Grèce, au Portugal, qu’on ne reverra donc pas)… Cette dette virtuelle représente 152% du PIB et, même si elle est d’une nature différente, on peut cependant l’additionner à la dette publique réelle, celle pour laquelle des emprunts ont été émis, et qui s’élève à 1.833 milliards d’euros. On arrive à un total de 4.923 milliards d’euros, soit 246% du PIB ! On aimerait d’ailleurs en savoir plus mais on ne dispose que de cet article du Figaro, basé sur cette intervention au Sénat, mais a priori il n’existe pas de rapport de la Cour des comptes. C’était la petite nouvelle du jour.

Addendum du 12 juin : la Cour des comptes a publié le rapport Le recensement et la comptabilisation des engagements hors bilan de l’État.

Philippe Herlin

vendredi 24 mai 2013