lundi 2 octobre 2017

La magouille du gouvernement pour atteindre les 3% de déficit

Le projet de budget 2018 prévoit un déficit de l’Etat de 83 milliards d’euros, en hausse par rapport à l’année précédente et, en même temps, le passage sous les 3% de déficit exigé par les critères de Maastricht. Comment cette apparente contradiction est-elle possible ? D’autant que si l’on prend le PIB de 2016, c’est-à-dire 2228,9 milliards d’euros, 3% de cette somme donne 66,8 milliards d’euros. Comment se retrouver sous ces 3% avec un budget de l’Etat en déficit de 83 milliards ?

L’explication tient au fait que les critères de Maastricht considèrent l’ensemble des déficits publics, celui de l’Etat, mais aussi des ODAC (Organismes Divers d’Administration Centrale), les collectivités locales et la Sécurité sociale. Et le projet de budget prévoit que les ODAC en léger déficit parviendront à l’équilibre, que les collectivités locales resteront dans le vert et, surtout, que la sécu va générer un excédent à hauteur de 0,5% du PIB soit 11 milliards d’euros. C’est ce que montre ce graphique tiré du bulletin mensuel de septembre de l’Agence Française du Trésor :


Quand on voit comment les collectivités locales renâclent face aux diminutions des reversements de l’Etat, et qu’elles n’engagent aucune réduction de leur train de vie, on se dit que leur maintien dans le vert se fera par des augmentations d’impôts locaux… Quant à la sécu, irréformable et dépensière, on se doute que cet excédent se fera par un accroissement des déremboursements, et donc une augmentation des frais de santé à payer par les particuliers. Ainsi, le retour sous la barre des 3% ne se fait pas par une diminution des dépenses publiques mais au final par une sollicitation supplémentaire des Français…

Philippe Herlin

jeudi 21 septembre 2017

Le danger mortel de la remontée des taux d’intérêt

Mon article pour GoldBroker : Le danger mortel de la remontée des taux d’intérêt

Par ailleurs, l'étude que j'ai rédigée pour Contribuables Associés "50 milliards d’euros d’économies sur le budget 2018, c’est possible !", qui était jusqu'ici disponible en pré-commande, peut désormais être achetée.

Enfin, si vous voulez investir dans les cryptomonnaies - ce que je recommande - vous pourrez regarder cette vidéo de ArtPlay Crypto dont je partage totalement les conclusions (acheter du bitcoin et un peu d'ethereum).

Philippe Herlin

jeudi 24 août 2017

Le gel des comptes bancaires, une nouvelle menace pour les épargnants

Mon article pour GoldBroker : Le gel des comptes bancaires, une nouvelle menace pour les épargnants (en anglais)

Par ailleurs, je suis passé mardi à Radio Brunet RMC sur la disparition de l'argent liquide, voici le podcast de l'émission et mon interview réalisée juste après.

Philippe Herlin

lundi 17 juillet 2017

La valeur intrinsèque du bitcoin, l’approche de Georges Lane

J’ai signalé ce texte dans ma revue de presse (sur Facebook ou Twitter) mais, étant donné son importance, je l’indique à nouveau dans mon blog. La valeur intrinsèque du bitcoin constitue une question récurrente, certains lui niant toute réalité, et prophétisent l’effondrement de la monnaie numérique, tandis que ceux qui ont foi dans cette monnaie sont souvent bien en peine de l’expliciter et s’en remettent à une "convention".

Dans mon livre La fin des banques ? je pointait la faiblesse de l’explication délivrée par les promoteurs "institutionnels" du bitcoin : "Sur le site du projet, bitcoin.org, on peut lire : «Bitcoin tire sa valeur de son acceptation comme moyen de paiement. Sa valeur initiale sur le marché a été obtenue lorsque les gens ont spéculé et que, de par ses propriétés, la monnaie allait être acceptée ensuite par d’autres». C’est certain, mais pas suffisant car un peu tautologique (le bitcoin a de la valeur parce qu’il est accepté comme moyen de paiement) et trop basé uniquement sur la confiance, comme les monnaies papier." J’avançais pour ma part "qu’au-delà, c’est le réseau bitcoin lui-même, sa puissance de calcul (qui est quelque chose de très concret : des milliers d’ordinateurs), le consensus de la communauté d’utilisateurs pour reconnaître son utilité et sa rareté, qui constitue sa valeur."

Dans son texte Ce qui a donné au "bitcoin" toute sa valeur, l’économiste Georges Lane apporte un élément déterminant à cette question en expliquant que "Le système de paiement est la source de la valeur, tandis que l'unité de compte se borne à exprimer cette valeur en termes de prix." Effectivement, l’euro n’est pas en lui-même un système de paiement (hormis le cas où je paye de la main à la main en liquide), les transactions passent par des intermédiaires (banque, carte de paiement, Paypal, etc.). Idem pour l’or d’ailleurs ou, à part le paiement de la main à la main, il faut s’en remettre à un intermédiaire ou transporter son or ce qui représente un coût et un risque. Au contraire le bitcoin est d’abord un système de paiement, et celui-ci fonctionne parfaitement et pour un coût minime, et c’est ce qui fait toute sa valeur.

On pourrait rajouter à cette analyse que le paiement n’est pas la seule option permise par le bitcoin mais que la blockchain permet également d’implémenter quantité d’autres services financiers, qui concourent pareillement à cette valeur intrinsèque. C’est le protocole, ou l’algorithme, qui confère au bitcoin sa valeur intrinsèque (c’est aussi son risque si la communauté ne se met pas d’accord sur son évolution, mais ceci est une autre histoire).

Philippe Herlin